Révisionnisme scientifique: Henri POINCARÉ et Albert EINSTEIN

Révisionnisme scientifique.

 

Poincaré-Einstein.gif

 

Escroc ! Plagiaire ! Fumiste !

Voilà en gros, et si on a envie d’être caricatural, ce qui est ressorti du « Libre journal (hebdomadaire) de Serge de BEKETCH » daté du 8 Mai 1991 sur Radio Courtoisie.

Et oui, Serge de BEKETCH s’en est pris, avec l’aide de Dean MAMAS (un physicien américain), à EINSTEIN et à sa célèbre théorie de la relativité restreinte en l’accusant de plagiat.

Mais qui-a-t-il plagié ? Vous l’avez deviné : Henri POINCARÉ.

Mais sur quoi se basaient-t-ils exactement ?… Serge, quant à lui, avait l’humeur taquine, chose que je comprends : Faire naître ou renaître un débat était le dada de de BEKETCH. Dean MAMAS, venait plutôt avec des éléments de preuve (je dis bien « éléments de preuves ») à l’appui : Selon lui, EINSTEIN a entièrement plagié Henri POINCARÉ, puisqu’Albert, dans son modeste bureau à l’office des brevets de Berne, ne faisait que lire ce que POINCARÉ avait élaboré cinq ans avant la publication de la théorie de la relativité restreinte (voire même les travaux qu’il avait élucidé bien avant le début du XXème siècle).

Si j’ai écrit cet article, c’est avant tout par souci d’impartialité (même compte-tenu de mes maigres connaissances en physique fondamentale) : Il faut rendre à POINCARÉ ce qui est à POINCARÉ, mais aussi rendre hommage à EINSTEIN !

Oui, c’est POINCARÉ qui a été le premier à prédire que la vitesse de la lumière était une limite cosmique que nulle autre entité physique ne pouvait dépasser (contrairement à ce que pensent beaucoup de gens). En effet, dans « La science et l’hypothèse », livre paru en 1902 (soit trois ans avant la parution de la théorie de la relativité restreinte), Poincaré écrit :

 

« Peut-être devrons nous construire toute une mécanique nouvelle que nous ne faisons qu’entrevoir, où l’inertie croissant avec la vitesse, la vitesse de la lumière deviendrait une limite infranchissable ».

La science et l’hypothèse » (1902) – Référence 11, page 324).

 

De plus, dans ce même livre, il expose clairement qu’il n’existe pas de temps absolu ou d’espace absolu et donc encore moins d’espace-temps absolu en affirmant :

 

« Il n’y a pas d’espace absolu et nous ne concevons que des mouvements relatifs ; cependant on énonce le plus souvent les faits mécaniques comme s’il y avait un espace absolu auquel on pourrait les rapporter. »

La science et l’hypothèse » (1902) – p.111).

 

« Il n’y a pas de temps absolu ; dire que deux durées sont égales, c’est une assertion qui n’a par elle- même aucun sens et qui n’en peut acquérir un que par convention. »

La science et l’hypothèse » (1902) – p.111).

Mais c’est aussi lui, qui, deux ans auparavant, soit en 1900, publie dans un article qu’un rayonnement est considéré comme un fluide dont la masse diminuerai en fonction du carré de la célérité de la lumière étant donné son énergie E. Cette interprétation tirée de la théorie des électrons et des transformations de LORENTZ (bien qu’il soit le premier à leur donner leurs formes exactes, ce qui est très « Coubertin » de sa part) lui a permis d’énoncer clairement et rigoureusement la célèbre équation :

Eq1

Cependant, cette équation, si connue du grand public ne concerne qu’une particule au repos, c’est-à-dire sans vitesse v.

Vous me direz alors :

« POINCARÉ a donc établi cette relation bien avant EINSTEIN ! ».

Dans  une  première  approche,  je  dirai  « Oui »,  bien  que  je  n’aime  pas  le  formalisme « injonctionnel »…

Cela dit, POINCARÉ pour expliquer les transformations de LORENTZ (LORENTZ-POINCARÉ, si on veut être encore plus impartial) a recours à des modélisations physiques de l’espace-temps « discutables » puisqu’il conserve comme milieu de propagation des ondes l’éther, sorte de milieu diffusant la lumière considérée jusqu’alors comme une onde seulement… Les décennies à venir montreront le caractère dual de la lumière qui est à la fois onde et corpuscule. Mais POINCARÉ, faute de trouver une théorie décrivant en détails ce qu’est l’éther, ne lui conférait pas un caractère absolu, tout comme il l’a démontré pour la notion d’espace-temps. La preuve, il allait même jusqu’à penser que la théorie de HERTZ permettait d’entrevoir une élimination définitive de la notion d’éther :

 

« Peu nous importe que l’éther existe réellement, c’est l’affaire des métaphysiciens… Un jour viendra sans doute où l’éther sera rejeté comme inutile… Ces hypothèses ne jouent qu’un rôle secondaire.  On pourrait les sacrifier ; on ne le fait pas d’ordinaire parce que l’exposition y perdrait en clarté, mais cette raison est la seule. »

(« La science et l’hypothèse » (1902) – page 246).

 

EINSTEIN, quant à lui, élabore un premier article en Mars 1905 sur la nature corpusculaire de la matière après avoir étudié l’effet photo-électrique. Deux mois plus tard, il publie un deuxième article sur le mouvement brownien stipulant que les molécules tireraient leur énergie cinétique de la chaleur. Cette publication conforte la première puisqu’elle ramène une preuve supplémentaire que les particules ne sont que corpuscules si elles « s’agitent », « s’attirent » et se « repoussent ». Elle met aussi en avant le caractère diffusif d’un couple particule-fluide. Pour mieux imager cette diffusion, imaginez que vous vaporisez un parfum dans une salle où il y a des gens qui se tiennent sur trois rangs. Celui qui le diffuse le sent forcément, ceux, qui sont dans le premier rang le sentiront après un temps T, ceux du deuxième rang après un temps T² et ceux du troisième rang après un temps T^3 voire ne le sentiront pas (surtout s’ils ont le nez bouché ou une sinusite…). Donc, plus généralement, et surtout plus sérieusement, une particule brownienne diffuse autour de sa position initiale et les positions qu’elle occupe se répartissent selon une courbe de GAUSS :

Eq2

Avec D, le fameux coefficient de diffusion établie par EINSTEIN :

Eq3

Avec :

R : La constante des gaz parfaits ;

T : La température en Kelvin ;

η : La viscosité du fluide ;

a : Le rayon de la particule ;

NA : Le nombre d’Avogadro.

 

Cette formule, est la seule, ou du moins la première qui corrèle des quantités macroscopiques et infinitésimales car elle met en avant le rayon de la particule ce qui conforte le caractère corpusculaire (encore une fois) de la matière.

Le troisième article rejoint les postulats antérieurement émis par POINCARÉ, mais l’électrodynamique des corps en mouvement nie de façon formelle l’existence du milieu interstellaire inerte qu’est l’éther et ce de façon univoque. Compte tenu de ces trois publications, EINSTEIN mettra en avant les fondements de la relativité restreinte et l’hypothèse des quantas (hypothèse qui ne sera guère acceptée par POINCARÉ). D’ailleurs, lors d’une conférence prononcée à la fin de sa vie, Henri POINCARÉ dira :

 

« Avouerai-je que je n’ai pas été entièrement convaincu de cette nouvelle hypothèse [de Planck] ? », avant de conclure « La discontinuité va-t-elle régner sur l’univers physique et son triomphe est-il définitif ? ou bien reconnaîtra-t-on que cette discontinuité n’est qu’apparente et dissimule une série de processus continus ? Le premier qui a vu un choc a cru observer un phénomène discontinu… ».

 

Cela dit, si plein de physiciens ont émis des théories révolutionnaires en considérant des particules au repos, à l’instar de Paul DIRAC avec sa fameuse formule (ci-dessous) possédant deux solutions, mettant ainsi en avant la matière et l’antimatière existent, EINSTEIN a pu établir la relation entre la masse et l’énergie même pour une particule en mouvement en rajoutant un facteur correctif  qui vaut :

Eq4_2

Eq5

Avec :

Eq6

Équation généralisée d’EINSTEIN concernant une particule en mouvement.

 

Ce facteur ɣ met en avant deux choses : le fait que la vitesse de la lumière est en effet infranchissable (ce qui conforte le postulat de POINCARÉ et sans quoi ɣ serait imaginaire pur), mais aussi le fait que pour des corps macroscopiques dont la célérité est négligeable devant celle de la lumière, la simple formule E = mc² reste valable. Ce facteur correctif est utilisé de nos jours dans les GPS aussi sans quoi l’échelle tracée serait approchée à une dizaine de kilomètres près, ce qui, vous en conviendrez bien, est fort désagréable lorsqu’on parcourt Paris-Barcelone en voiture par exemple.

 

En guise de conclusion, je dirai seulement que POINCARÉ et EINSTEIN « voyaient » plus ou moins la même chose, mais avec des angles de vue différents, et donc, du coup, avaient deux approches totalement différentes et qu’il n’existe pas une théorie de la relativité, mais deux : Une considérant l’éther dans la démarche de POINCARÉ, et celle d’EINSTEIN-PLANCK-MINKOWSKI (plus généralement) virant la notion d’éther. La seule et vraie différence entre les deux réside dans le fait que le passage d’une relativité à une autre nous fait basculer du monde classique au monde quantique. Mais décidément, tout est relatif Monsieur POINCARÉ ! Pas seulement dans le domaine de la science, la gloire et la postérité aussi…

 

Othman MESLOUH.

 

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